Vendredi 17 septembre 2010 5 17 /09 /Sep /2010 23:25

Si l’égalité entre les femmes et les hommes progresse, force est de reconnaître que les femmes sont encore victimes de préjugés, de stéréotypes, d’inégalités qui limitent leurs vies professionnelles, familiales et sociales. L’heure demeure au développement d’une éducation à l’égalité filles – garçons, à la révision d’attitudes et de discriminations sexistes qui s’inscrivent dans des représentations traditionnelles de dévalorisation du féminin par rapport au masculin. Cette infériorisation est gravée dans le marbre de la langue, elle réside dans la catégorisation en genres hiérarchisés. « Désexiser » la langue, les jouets enfantins, les rôles sociaux des adultes ; repenser la notion de genres et leurs attributions conformes aux usages ; resituer les rapports humains dans une perspective historique et théorique ; bousculer les normes, les lieux communs… Tout cela répond à la Convention interministérielle de 2007 sur l’égalité entre femmes et hommes et les missions éducatives afférentes. Ces conversations en famille, en classe, entre élèves sont des invitations éducatives à des discussions pédagogiques qui visent plus amplement une éducation à la citoyenneté, copartagée par les coéducateurs que sont les enseignants et les parents. Homme ou femme : c’est une question de connaissance et de respect, tout simplement. Conversons-en.

 

La condition des femmes est une question toujours actuelle qui impose des conversations de type pédagogique pour « éduquer » les esprits. En effet, si la femme est désormais libre de maîtriser sa procréation depuis deux générations, en d’autres domaines, l’égalité n’est pas encore une conquête acquise. La différenciation des responsabilités hiérarchiques, des rémunérations et des carrières demeure. Le choix des filières et des avenirs professionnels n’est pas égalitaire, tout comme les conditions de la vie quotidienne et de la représentation politique, malgré quelques petits progrès. Face au chômage, à la précarité et la violence, les femmes sont toujours les premières victimes, sans compter les violences conjugales, les brimades sexistes et d’autres exclusions. L’école de la République reçoit toujours des jeunes filles asservies, excisées, mariées de force ou voilées. Les chiffres de la violence conjugale en France demeurent plus que très alarmants : « Tous les trois jours, une femme meurt, victime de violence conjugale » (Statistiques de novembre 2006, extrait de www.femmes-egalite.gouv.fr )

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 Philippe Clauzard est enseignant formateur. Docteur en sciences de l’éducation, il s’intéresse de près à la formation des enseignants, aux questions de citoyenneté et de maîtrise de la langue ainsi qu’aux pratiques enseignantes. Ces conversations sur le sexisme font suite à la publication de précédentes « conversations sur l’homophobie ». Sexisme et homophobie étant deux formes d’exclusion en interaction.

Par formation.eduactive.info.over-blog.fr
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